• Les Grues Cendrées prennent leur quartier dans le Parc naturel régional de la Forêt d'Orient

    Connue pour être un des plus grands oiseaux d’Europe, la Grue cendrée, avec ses 2m d’envergure, symbolise les grandes migrations dans notre région. Son vol en « V » comme Voyage, en fait un symbole de démocratie dans certains pays de l'Est. En effet les oiseaux se relayent en tête pour moins se fatiguer, un peu à la manière des cyclistes en peloton.

    Quel champenois n’a pas observé les grandes formations en « V » ou n’a pas entendu « claironner » pendant les migrations nocturnes ?

    Fuyant l’arrivée des grands froids en Europe du Nord, elles traversent la France dans une diagonale nord-est/sud-ouest, via nos grands lacs, pour rejoindre l’Espagne et sa région d’Estrémadure.

    Sur les 300 000 grues qui traversent notre pays, quelques milliers font une halte sur les lacs aubois et quelques centaines y passent l’hiver pour repartir dès février dans leur pays d’origine et s’y reproduire.

    Pour observer les Grues cendrées dans l’Aube, il suffit de se rendre sur la digue du Lac du Temple à hauteur de Brévonnes. La piste cyclable permet de s’y promener en toute sécurité, tout en observant le grand spectacle du coucher des Grues en fin d’après-midi quand elles reviennent des champs.

    Depuis 2002, le site a été classé en Réserve naturelle pour assurer leur tranquillité, l’accès au bord du lac est interdit au public mais les 10 km de digue permettent de longer cette réserve et d’observer tous ces oiseaux sans les déranger.

    C'est le moment d'aller voir (et entendre) cette ambiance extraordinaire du lever ou du coucher de Grues sur les lacs, avant que celles-ci ne descendent plus au Sud.

    Quelques chiffres sur l'oiseau :

    • taille :1m30

    • poids :4 à 6 kg

    • env : 2m

    • Protégé en France depuis 1967

    Migration d'automne :

    • Premiers départs au mois d'août (Suède et Russie)

    • Haltes migratoires en Allemagne et surtout en Champagne puis en Landes de Gascogne

    • Hivernage en Estrémadure en Espagne

    • Quelques milliers hivernent en France et autant poussent jusqu'au Maroc

    • Une autre voie à l'Est de la Finlande à la Tunisie via la Hongrie

    Retour de printemps :

    • Dès février, la remontée est plus rapide (instinct reproducteur)

    • Point culminant (5-15 mars)

    • Couloir de migre décalé à l'Est

    Quelques chiffres pour la région pour la saison 2013-2014 :

    Lors de la migration post-nuptiale, ce sont au moins 276 000 grues qui ont été observées en migration active vers le sud, constituant un nouveau record.

    Favorisé par le 2ème hiver le plus doux depuis 1900, ce sont pas moins de 47 000 Grues qui ont hiverné en Champagne-Ardenne.

    Grâce aux bénévoles de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, des comptages mensuels, dont les résultats sont affichés à la Maison du Parc, sont organisés sur les lacs.

    Une vingtaine d'adhérents se postent autour des plans d'eau, chacun sur son secteur, pour compter tous les oiseaux d'eau, ils notent leurs mouvements pour éviter les doublons et totalisent leurs comptes pour être le plus exhaustif possible.

    Ces comptages, qui existent depuis 1983, fournissent des données inestimables sur l'effectif des oiseaux d'eau et sur leurs fluctuations.

    Saison 2014 2015 :

    Cette saison 2014-2015 bat déjà tous les records puisque plus de 20 000 grues sont présentes actuellement sur les lacs (situation au 11 novembre). Néanmoins nous sommes très loin des chiffres du lac du Der qui tournent autour de 200 000 grues.

     

    Texte de Stéphane GAILLARD (PnrFO)